Un quartier HQE chauffé aux noyaux de fruits

Nom de la collectivité : Communauté de communes de Decazeville Aubin

Statut de la collectivité : Communauté de communes

Thématique : Urbanisme et aménagement responsables

Cransac les Eaux, qui comptait 5 à 6000 curistes par an en 1800, expédiait quelques 100 000 litres d’eau minérale en France et en Europe…
Avec le début de l’exploitation du charbon, dont le bassin est riche, travaux souterrains et forages entraînent la diminution du débit des eaux : elles cessent d’être exploitées en 1888. Désormais Cransac les Mines, la commune relève d’un Bassin minier et métallurgique prospère du début du 20e siècle (9000 emplois). Autour de la première exploitation minière européenne à ciel ouvert et souterraine, avec la jeune ville centre, Decazeville, créée au milieu du 19e siècle à partir des besoins de l’industrie, les cinq communes du bassin comptent alors 36 300 habitants. La main d’œuvre étrangère y est nombreuse, l’activité sociale intense.

Le bassin a connu l’abandon des mines souterraines en 1966, puis l’arrêt de l’industrie sidéro-métallurgiques et jusqu’en 2001, la fin d’activités de la plus grande exploitation minière à ciel ouvert de France.
Malgré les moyens européens, nationaux et régionaux successifs consacrés à sa reconversion, le Bassin a bien connu le coût écologique, social et économique d’un développement non durable. Forts de la vive mémoire locale, les élus locaux ont privilégié, pendant 2 ans, l’étroite participation de la population au renouvellement des perspectives du territoire, dans le cadre de l’élaboration d’un Agenda 21.
Tout le bassin s’est exprimé : Élus, Conseil de développement (97 membres), population, (18% de retours au questionnaire très pédagogique envoyé à 8200 foyers, et relayé par les commerçants, animations régulières…
Très mobilisateur des aspirations et des énergies d’une population très attachée à son territoire, à son histoire, et à ses enfants, cet Agenda 21 vise résolument à renouveler les sources d’attractivité du Bassin : reconquêtes écologiques, diversification économique, renouvellement de la cohésion sociale et culturelle.

Avec l’ancrage d’établissements leaders et sous traitants de la "Mecanic Vallée", la valorisation de la mémoire et culture industrielle dans de nouvelles sources d’énergie, la requalification des sites dépollués, l’ouverture de nouveaux thermes à Cransac, la mise en place participative de transport collectif, et la mobilisation continue du plus grand nombre, le Bassin veut désormais donner envie.
Parmi les nombreuses actions du territoire, un quartier HQE intégré au nouveau réseau de chaleur biomasse de Cransac (désormais Cransac les Thermes) illustre très concrètement la volonté de renouvellement des perspectives locales.

Dans le cadre de la rénovation urbaine du bassin, développer, à Cransac, une offre de logements économes en ressources.

Création d’un quartier HQE relié au réseau de chaleur biomasse de la collectivité.
Le PLH du bassin vise à améliorer le parc existant et développer l’offre de logements neufs, notamment pour améliorer l’attractivité du territoire auprès de jeunes ménages actifs.
Dans le cadre de ce renouvellement urbain, respectant les objectifs de diversité, de mixité de l’habitat sur l’ensemble du territoire, et de réduction des déplacements quotidiens domicile-travail, un lotissement HQE (12 lots individuels et un petit collectif) est proposé à l’acquisition. Le lotissement a été conçu :
-  pour inscrire les Thermes (isolées) dans la continuité du centre bourg,
-  En tenant compte du relief et de l’écoulement naturel des eaux pluviales (noues, fossés…) et en préservant des espaces publics,
-  En optimisant l’orientation des parcelles (protection au nord par le versant et usage de l’énergie solaire passive),
-  Dans le cadre du Plan Global de Déplacements.

C’est à l’occasion des réflexions initiales pour un lotissement respectueux, au moindre coût, des ressources énergétiques, et à partir de l’expérience d’un particulier, qu’a muri l’idée d’étudier la faisabilité d’un réseau de chaleur alimenté par des noyaux de fruits, compte tenu des déchets de l’industrie ANDROS, située dans le Lot, à 80 km de Cransac. Les études ayant confirmé la valeur énergétique des noyaux secs, (comparable à d’autres produits biomasse), et souligné un taux de production de cendres et de mâchefers 3) au prix de 7 € HT la tonne ou 4,20 € HT le M3.

Acheminés à Cransac entre juin et septembre, les noyaux sont pré-séchés à l’air libre sur les hauteurs de la commune, puis mis hors d’eau et séchés en hangar.
50 M3 de noyaux sont déversés tous les 15 jours dans un silo enterré, un poussoir hydraulique et 2 vis sans fin permettent l’alimentation de la chaudière, qui fonctionne d’octobre à mai pour le chauffage et la production d’eau chaude. Une chaudière au gaz naturel complète cette chaufferie pour les hivers rigoureux et en cas de panne. En tout état de cause, la chaudière peut s’adapter à d’autres combustibles, comme les plaquettes forestières (une étude sur la valorisation des déchets de la forêt de Vaysse, à proximité, est d’ailleurs en cours). 3,7 km de canalisations desservent 6 bâtiments publics (gymnase, salle d’accueil, écoles maternelle et primaire, restaurant scolaire, lampisterie) et la trentaine de logements du lotissement, soit 7500 M2.

Outre ce raccordement au réseau de chaleur, un accompagnement technique gratuit à la conception de bâtiments performants est proposé aux futurs acquéreurs (conseils en architecture, urbanisme et environnement).
Enfin, et pour faciliter l’accession à la propriété, la commune s’est engagée dans un dispositif « Pass Foncier » (avantages fiscaux et annuités allégées, sous conditions).

Coût du Lotissement : 681 000 € HT (404 500 € HT pour les 12 lots, recettes ventes lots : 201 505 € HT) et 276 500 € HT pour les Espaces publics (75 % financements DGE, Conseil Général, Conseil Régional et 25 % d’autofinancement).

Coût du réseau de chaleur : Investissement : 870 000 €, Subventions : Conseil Régional (235 000 €), ADEME (170 000 €), Europe (202 000 €).

Cout de fonctionnement : de -20 à -30 % par rapport à une installation au gaz naturel.

Gains collectifs :
-  Gains collectifs et particuliers en dépenses énergétiques
-  Optimisation des investissements
-  Fierté locale
-  Attractivité touristique (Visites de la chaufferie)
-  Sensibilisation des futurs acquéreurs à la construction écologique économe
-  Coopération publique-privée gagnant-gagnant.
-  Gestion des risques inondations
-  Intégration au Plan Global de Déplacement du Bassin
-  Appel à ressources renouvelables disponibles localement, (Noyaux de fruits et étude déchets locaux de bois)
-  Évitement de l’émission annuelle de 250 tonnes de C02 (par rapport à une énergie fossile)
-  Renouvellement de la culture locale de l’énergie,
-  Cohésion territoriale,
-  Participation.