Mise en œuvre d’un Schéma Directeur Cyclable

Nom de la collectivité : Ville d’Albi

Statut de la collectivité : Commune

Thématique : réagir au changement climatique

Préfecture du Tarn, Albi est la Ville centre d’une agglomération de plus de 82 000 habitants. Comptant 51 300 habitants et s’étendant sur 4 500 hectares, Albi se situe sur le Tarn près des vignobles de Gaillac, du plateau cordais et de la forêt de la Grésigne, au cœur d’espaces naturels de qualité : à l’est, les premiers plateaux de faible altitude forment les contreforts des Causses ; au sud-est, quelques moyennes montagnes, atteignant les 1300 m, forment une barrière : les monts de Lacaune, mont du Sidobre et la montagne Noire ; au nord, existe un plateau de basse altitude appelé le Ségala.
Ville à l’architecture de briques, Albi est dotée d’un riche patrimoine historique et architectural (la Cité Episcopale est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco), notamment la cathédrale Sainte-Cécile et le Palais de la Berbie accueillant le musée Toulouse-Lautrec.
A 80 km de Toulouse, à laquelle elle est reliée par TER (17 liaisons quotidiennes) et par voie rapide et autoroute (45 mn), Albi est le second pôle de développement économique de la Région Midi Pyrénées, (2154 entreprises, 14 zones d’activités aménagées sur 250 ha.) Elle dispose également d’un pôle universitaire et de l’Ecole des Mines d’Albi-Carmaux.

Après plusieurs décennies de stagnation voire de légère décroissance, la population albigeoise augmente à nouveau, du fait de l’excédent migratoire.
Si l’attractivité de la ville d’Albi est importante (+ 0,7 % par an), la croissance démographique de l’aire urbaine albigeoise (93 000 habitants) s’accélère nettement avec un rythme de 1,1 % par an.
Outre l’influence du dynamisme de la métropole toulousaine qui contribue à densifier une grande partie ouest du Tarn, Albi concentre de nombreux emplois qui attirent les actifs vivant en dehors de la ville. Le nombre d’emplois offerts dans la ville-centre est nettement supérieur au nombre d’actifs occupés. En 2006, il y a ainsi 172 emplois pour 100 actifs occupés : c’est l’une des proportions les plus fortes de la région.

Après l’élaboration d’un PADD et d’un PLU en 2003, Albi, qui disposait déjà de services pionniers comme les parcs et jardins (protection biologique intégrée, jardins secs..), s’est engagée en 2005 dans l’élaboration d’un Agenda 21.

Capitalisant en interne une connaissance riche et précise du territoire, des réunions de consultation avec chacun des 12 quartiers de la Ville, et un travail de mobilisation des services ont caractérisé la définition de l’Agenda 21, adopté en 2007.
8 orientations stratégiques, auxquelles sont associées 54 actions précisément identifiées, mobilisent la Ville. Mises en œuvre en continu et/ou relevant de programmations, les actions sont engagées à un rythme soutenu.

Parmi celles-ci, l’amélioration continue de l’écogestion des espaces verts (40% d’économie d’eau en 2009), l’adoption et la diffusion aux acteurs concernés d’une Charte de la Qualité de l’Aménagement Urbain, la diffusion d’une présentation pédagogique des risques naturels, technologiques et sanitaires territoriaux, une politique active au titre de l’éco-responsabilité de la collectivité et une sensibilisation individuelle des albigeois à la maitrise de l’énergie et à leurs émissions de gaz à effet de serre, dans le cadre d’une active mobilisation territoriale préalable au lancement d’un Plan Climat (2010).

Dans la même perspective, la diversification des modes de déplacements et l’attractivité des usages alternatifs à la voiture particulière figurent parmi les orientations stratégiques de l’Agenda 21.

réduction des émissions de gaz à effet de serre
La concertation menée dans les quartiers à l’occasion de l’élaboration de l’Agenda 21 a mis en évidence une forte attente des albigeois vis-à-vis de modes de déplacements doux sur le territoire communal.
Si la Ville avait développé depuis 1992 un réseau de pistes cyclables, répondre à l’attente de la population et aux enjeux climatiques appelait une politique plus structurante.

Adoption d’un Schéma Directeur Cyclable
Pour aborder spécifiquement le sujet des déplacements doux, et veiller à l’intégration de cette nouvelle dimension dans les projets de la collectivité, la Ville a mis en place une commission extra-municipale composée d’élus, de techniciens, d’associations d’usagers, de représentants du Grand Albigeois et du Conseil Général.
Une étude a ensuite été lancée pour diagnostiquer le réseau cyclable existant (sécurité, limites, signalisation) et ses perspectives d’évolution, accompagné de propositions d’aménagements à mettre en œuvre dans le cadre d’un schéma directeur.

Plus spécifiquement l’étude devait aider à répondre aux objectifs suivants :
-  Desserte des équipements publics majeurs (administratifs, scolaires, culturels et de loisirs) et des pôles d’activités (public et/ou privé),
-  Renforcement des liaisons interquartiers, des connexions avec les parkings relais projetés par la ville, et avec les communes périphériques,
-  Atténuation des effets de coupure dus aux infrastructures (rocade, chemin de fer),
-  Sécurisation de la circulation cycliste, notamment dans les intersections, les rues à grand trafic, et aux abords des établissements scolaires,
-  Prévention des conflits d’usage (rues piétonnes, trottoirs, contre-sens),
-  Développement de l’intermodalité,
-  Contribution à la découverte et à la connaissance de la ville.

Suivi par un comité de pilotage associant la commission extra municipale, la DDE et l’Ademe, cette étude a conduit à :
-  la réalisation de fiche diagnostic de chaque aménagement de l’existant (amélioration, signalisation...), feuille de route des services techniques de la Ville,
-  la définition d’un schéma directeur, synthétisé sous forme de carte, présentant les axes prioritaires de développement du réseau cyclable, s’appuyant majoritairement sur les voies principales du territoire, à sécuriser en privilégiant les voies les plus lisibles et directes,
-  la hiérarchisation des voies de la commune en terme de limitation de vitesse : 50 km/h sur les axes principaux et les liaisons interquartiers et passage progressif à 30 Km/h dans les voies de desserte de quartiers.

Ciblant prioritairement les déplacements utilitaires, le 1er programme d’action 2009-2010 a permis :
-  la mise aux normes progressive de la signalisation verticale et horizontale,
-  le test de la hiérarchisation des voies (30km/h) sur le quartier Grand Centre,
-  la création d’une zone de rencontre sur la place de la cathédrale,
-  la généralisation du double sens cycliste dans les voies à sens unique du quartier centre, première tranche de la programmation,
-  l’expérimentation d’une chaussée à voie centrale banalisée (« chaucidou »), et marquage de 2 bandes latérales « multiusages ». Menée avec succès en Suisse, Autriche et aux Pays bas, cet aménagement permet sur des voies à double sens, sur lesquelles il n’est pas possible d’aménager des bandes cyclables, compte tenu de la largeur disponible (7-8 mètres). Il permet un meilleur confort pour les cyclistes, un ralentissement de la vitesse des véhicules du fait du rétrécissement visuel de la chaussée, et la possibilité d’utiliser la bande « multi usages » pour croiser les véhicules,
-  le lancement des études pour l’aménagement d’une traversée du Tarn piétonne et cyclable, permettant de relier les quartiers Est et Nord de la Ville,
-  la réalisation d’aménagements cyclables dans la mise en profil urbain des voies,
-  le développement des arceaux de stationnement (60 en 2009, le double en 2010),
-  l’organisation d’une bourse aux vélos d’occasion (200 déposés, 152 vendus),
-  une information et sensibilisation régulière des Albigeois.

Financement :
L’élaboration du schéma directeur cyclable et la mise en œuvre du premier programme d’action ont reçu le soutien financier :
-  de l’Union Européenne (FEDER)
-  de l’Ademe et du Conseil Régionale (programme PRELUDDE 2)
-  du Conseil Général du Tarn

Gains collectifs :
Contribution au report modal de la voiture vers le vélo : gain de carburant et de temps.
Optimisation de l’existant
Prévention des pollutions et de leurs coûts
Valorisation du partage de l’espace public
Participation à la sécurité routière
Cohérence des interventions (sensibilisation à la maitrise de l’énergie, préparation à l’appropriation du Plan Climat...)
Le chaucidou semble bien approprié (les automobilistes ralentissent fortement avant de doubler, la visibilité et le confort pour les cyclistes permettent d’augmenter leur usage du chaucidou). Il est prévu d’évaluer les impacts de cet aménagement (par comptages et relevés de vitesse des automobilistes..) avant éventuelle reproduction
Réduction des émissions de gaz à effet de serre
Consommation et production responsable
Souci de la cohésion territoriale (sensibilisation, expérimentation..)
Programmation dans le cadre de l’Agenda 21.
Évaluation.