Des logements sociaux adaptés aux séniors, ouverts sur la vie de la cité

Nom de la collectivité : ville de Gaillac

Statut de la collectivité : commune

Thématique : responsabilités sociétales

A équidistance entre Toulouse et Montauban (45 km), et à 22 km d’Albi, Gaillac présentait, jusqu’à la fin des années 90, toutes les caractéristiques d’une commune rurale de caractère.
2000 ans d’histoire, un centre historique riche (vastes demeures de briques, d’hôtels particuliers et de tours des périodes médiévale et renaissance, Château et Parc de Foucaud, Abbaye Saint Michel,...) témoignent du passé prospère de la « Ville du Coq » (son emblème), intimement lié à celui de la vigne et du vin.
Après avoir connu une stagnation de sa population, Gaillac n’a pas échappé à l’attractivité croissante du Tarn (+ 22 000 habitants entre 99 et 2006). Avec sa superficie (5000 ha), son accessibilité (Liaison TER, 30 mn de Toulouse par l’A 68), l’un « des plus beaux détours de France » a enregistré une hausse de population de 11% entre 99 et 2006. Avec ses 13 200 habitants, Gaillac est devenue la 3e ville de Tarn après Albi et Castres.
La pression démographique et foncière, le besoin de cohésion sociale entre la population locale et les nouveaux arrivants, et la gestion d’un dynamisme proche de celui d’une commune urbaine, ont conduit les acteurs locaux a engagé une réflexion stratégique sur l’avenir de Gaillac.
Après une première OPAH réussie en 1995 (Réhabilitation de 300 logements), l’adoption successive de plusieurs programmes structure aujourd’hui la requalification de Gaillac :
-  Un PLU (2004) limitant la consommation d’espaces, notamment agricoles (-25% de surfaces constructibles), rééquilibrant l’aménagement entre le centre historique faisant l’objet d’une requalification et les quartiers périphériques,
-  un Agenda 21 (2007), enrichissant la stratégie globale d’aménagement,
-  L’organisation de nouvelles mobilités (un plan de circulation désengorgeant le centre des 14000 véhicules/jr dont seuls 30% s’arrêtaient, piétonisation des cheminements, un bus -28 arrêts-, création de 10 km de voies cyclables),
-  un PLH intercommunal (nouvelle OPAH, nouvelles constructions de logements collectifs dont logements sociaux) en 2008.
Au titre des besoins identifiés dans l’Agenda 21, Un Contrat Urbain de Cohésion Social (2009) vient compléter l’ensemble de cette programmation.

Dans une perspective d’intégration, certains projets ont été confirmés et précisés à l’occasion de l’élaboration de l’Agenda 21, les projets en cours enrichis, telle la réhabilitation et l’aménagement de la place centrale de Gaillac, ou la création de jardins partagés.
Dans cette logique, des logements et lieux de vie intergénérationnels ont été construits dans le cadre d’une approche HQE.

Offrir aux séniors un lieu de vie alternatif et intergénérationnel, ouvert sur la ville.
Des personnes âgées autonomes, mais vivant à l’extérieur du centre de Gaillac, souffraient d’isolement et d’éloignement des commerces et des services.
La municipalité s’est engagée à offrir à ses séniors isolés et aux revenus très modestes une alternative au moins à leur entrée prématurée en Maison de retraite ou au foyer-logement.

Dans le cadre d’un projet global de mixité socioculturelle et générationnelle, construction de logements sociaux, en adaptant 13 d’entre eux au 4e âge,
A 1800 mètres du centre ville, dans un Parc arboré de 2 hectares, jouxtant le Tarn, et connu pour son calme, se dressait sur un ancien domaine une ancienne maison de maître.
Outre la rénovation de la maison de maître (aménagée en appartement pour des jeunes aux revenus modestes), cet espace a été requalifié et dédié à la construction de pavillons sociaux, d’un site d’accueil et d’échange et d’une Maison d’Artistes : 12 pavillons, à l’intérieur très clair, équipés de panneaux solaires, ont été aménagés pour faciliter la vie des séniors, y compris, le cas échéant, en cas de handicap ou d’alitement prolongé :
-  portes coulissantes et sans rainures
-  placards et luminaires bas, plaques chauffantes surbaissées, au moins une prise à hauteur d’homme dans chaque pièce
-  volets roulants à commande centrale depuis chaque pièce
-  SDB équipée (douche plain pied, barres de maintien)
-  Abaissement des fenêtres permettant aux personnes en fauteuil ou alitée une vue sur l’extérieur
-  Grande ouverture entre la chambre à coucher et la pièce de vie pour ne pas fermer la perspective des personnes alitées.
-  Serrures spéciales
-  Contrat avec l’hôpital pour le lavage des grosses pièces (draps...)
Ils sont 13, de 60 à 84 ans, à avoir emménagé dans ces pavillons.

La maison de maitre, rénovée, offre deux T1 et un T2 accessibles à des jeunes aux revenus les plus modestes, ainsi qu’un T4 proposé à la colocation de jeunes en insertion professionnelle.
Une Maison commune offre en outre :
-  Une salle d’activités de 60 M2, mise à la disposition du CCAS
-  Un centre d’accueil de jour pour 11 personnes (40 inscrits) atteintes de troubles cognitifs ou souffrant de la maladie d’Alzheimer. Géré par une association spécialisée dans les services de soins à domicile, notamment infirmier, qui s’est enrichie d’une aide médico-psychologique, d’un Art-thérapeute et d’aides-soignantes, ce centre propose, dans le cadre de projets individuels thérapeutiques un certain nombre d’animations et d’ateliers culturels, d’aide à la mémoire, de promenades, de cuisine d’ergothérapie...
Enfin, sur le même site, la Maison des Artistes accueille compagnies, expositions et ateliers culturels.
Le réseau de bus Bougenbus relie le site avec le centre ville du lundi au vendredi toutes les heures.
Coût : 1 340 000€

Gains collectifs :
Optimisation de l’espace (logements locatifs, services de soins de proximité, ...)
Dynamisation des aides sociales, dans le cadre d’un projet global ouvert sur la vie de la cité
Lutte contre l’effet de serre : Réduction des besoins de déplacements (proximité des services, soins infirmiers...), énergie solaire, navette...
Valorisation sociale d’espaces arborés
Bien être des séniors et des foyers à revenus modestes
Projet soucieux de la mixité socioculturelle et générationnelle